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La viande in vitro pas aussi écologique que l’on pense ?

Face à un gros contributeur de gaz à effet de serre, la viande in vitro semble une bonne alternative écologique. Plusieurs start-up se sont lancées malgré les prix colossaux et une demande incertaine des consommateurs. Cependant, même si, à nos yeux, la viande a une place importante dans l’alimentation, nous ne pouvons pas ignorer les conséquences qu’elle engendre. C’est pourquoi, en Europe nous essayons de diminuer cette consommation. De plus, il y a la question sur l’impact écologique ainsi le concept de viande in vitro est né. Le premier steak a été créé en août 2013 par Mark Post et trois ans après, une start-up californienne a lancé la première boulette de viande.



Pourquoi la viande in vitro pourrait être une bonne alternative ?

Il s’agit d’une bonne alternative pour ceux qui souhaitent continuer à manger de la viande sans se sentir coupable de tuer des animaux. C'est une manière plus éthique et avantageuse pour l’environnement, puisque cela permet d’éviter l’élevage qui génère jusqu’à 18% de gaz à effet de serre au niveau mondial en partie à cause du méthane et du protoxyde d’azote. De plus, on épargne une souffrance aux animaux, c’est une des raisons pour laquelle les personnes deviennent végétariennes. Sans compter la préservation de l’environnement et les raisons médicales, tels que des problèmes de cholestérol, maladies cardiovasculaires, etc.


De l’autre côté de la balance

Cette viande cultivée ne possède pas que des points positifs, en effet le méthane est un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2. Mais sur le long terme, le CO2 est plus risqué puisqu’il possède une durée de vie plus longue. Une étude sur 100 ans démontre que plus on avance dans le temps, plus l'avantage de la viande in vitro se réduit. Au bout de 450 ans, on peut constater que même un élevage avec une empreinte carbone deux fois supérieure au départ devient moins nocif pour l’environnement.


Émissions de gaz à effet de serre (kg par kg de viande obtenue) et en pouvoir réchauffant équivalent CO2 sur 100 ans pour les différentes méthodes de production. Sur le très long terme (1.000 ans), le bénéfice environnemental de la viande de culture s’annule. © D’après J.Lynch et R.Pierrehumbert, Front. Sustain. Food, 2019


Une autre problématique est le prix, le premier steak conçu en laboratoire en 2013 avait coûté 285 000 euros pour 142 grammes. De plus, c’est un nouveau concept qui va à l’encontre de ce qu’on avait connu jusque-là. Le refus est inévitable il faudra donc un temps d’acceptation surtout dans certains pays où la consommation de viande est très élevée. Enfin, il y a la question du goût et des qualités nutritionnelles puisque la viande de culture est pauvre en fer.


En conclusion, on pourrait croire qu’écologiquement la production de viande in vitro est moins avantageuse, mais tout est hypothétique puisqu’il faut tenir en compte de plusieurs facteurs afin d’avoir des résultats plus pertinents. D’un côté, tout dépend des ressources utilisées pour fabriquer la viande cultivée et de la demande des consommateurs. De l’autre côté, des émissions liées à l’élevage, à l’endroit et au traitement.

Cependant, il n’est pas possible de douter des bénéfices de cette viande car elle participe à la diminution des maladies causées par les animaux ainsi que la présence des nitrates dans les effluents ou encore le transport. Il semble donc que la solution la moins risquée serait de remplacer la viande par des légumineuses, des céréales, ou encore tous autres aliments pouvant apporter un apport nutritionnel comparable à celui de la viande.



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